Mes impatiences pour la rentrée littéraire 2011

Publié le par une ou deux choses à vous dire

 Depuis hier, ce sont les vacances d'été. Et qui dit vacances d'été, dit moment de se plonger dans la rentrée littéraire de septembre. Tels les "créateurs de mode", les "créateurs de livres" éprouvent, eux aussi, le besoin de se projeter une saison en avance!

Alors que romanciers et autres essayistes sont occupés à l'écriture de leur prochaine oeuvre qui paraîtra en janvier ou septembre 2012, les éditeurs nous mettent l'eau à la bouche en publiant les résumés ou extraits des livres qui sortiront dès la fin du mois d'août...  

Voici une petite liste des romans qui vont attirer mon attention, soit parce que j'en apprécie déjà l'auteur, soit  parce que j'ai envie de les découvrir :

 

 

delphine-de-viganDelphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit, Lattès

Après No et moi, best-seller que j'avais beaucoup apprécié, et Les heures souterraines, publié plus recemment, Delphine de Vigan revient avec un roman au thème tout aussi personnel que poignant : la mort de sa mère.

Par le biais des témoignages de plusieurs membres de sa famille, elle retrace la vie de Lucile, faisant ressurgir souvenirs, blessures et secrets. Un livre profond, qui va vraisemblablement entrer en résonance avec les émotions du lecteur. 

Sortie le 24 août

 

 

 

 

foenkinosPour rester dans le thème : "Souvenirs convoqués suite au décès d'un proche", je nomme David Foenkinos, Les souvenirs, Gallimard.    

Après le décès de son grand-père, le narrateur explore le passé de ses ancêtres et le quotidien de sa famille. Dans l'extrait que j'ai lu et qui traite de la mort du grand-père, l'écriture de David Foenkinos me semble d'une profondeur inhabituelle. Sa légèreté de ton et la désinvolture de son style ont laissé place à une certaine mélancolie qui, toujours avec la même sensibilité,  traite de sujets durs et graves.    

 

Deux jours avant, il était encore vivant. J'étais allé le voir à L'hôpital du Kremlin Bicêtre, avec l'espoir gênant que ce serait la dernière fois. L'espoir que le long calvaire prendrait fin. Je l'ai aidé à boire avec une paille. La moitié de l'eau a coulé le long de son cou et mouillé davantage encore sa blouse, mais à ce moment-là, il était bien au-delà de l'inconfort. Il m'a regardé d'un air désemparé, avec sa lucidité des jours valides. C'était sûrement ça le plus violent, de le sentir conscient de son état. Chaque souffle s'annonçait à lui comme une décision insoutenable. Je voulais lui dire que je l'aimais mais je n'y suis pas parvenu. J'y pense encore à ces mots, et à la pudeur qui m'a retenu dans l'inachèvement sentimental. Une pudeur ridicule en de telles circonstances. Une pudeur impardonnable et irrémédiable. [...] Ces dernières années avaient été pour lui qu'une longue déchéance physique. Il avait voyagé d'hôpital en hôpital, de scanner et scanner, dans la valse lente et ridicule des tentatives de prolonger notre vie moderne. A quoi ont rimé tous ces derniers trajets en forme de sursis? Il aimait être un homme; il aimait la vie; il ne voulait pas boire avec une paille.

Sortie le 18 août

 

 

 

 

Marie DarrieussecqDans une tonalité plus légère et débridée, Marie Darrieussecq nous livre son nouveau roman, Clèves,  chez P.O.L.

Rien à voir avec la princesse du même nom qui lutta contre ses sentiments pour Mr de Nemours afin de ne pas trahir les préceptes maternels. Ici, Marie Darrieussecq va suivre Solange dans son passage de l'enfance à l'adolescence; et dans son apprentissage de la sexualité.

C'est toujours avec curiosité que je découvre l'étrangeté des récits de cette auteure. Avec une écriture crue et audacieuse que soutiennent des thèmes pertinents, elle piétine clichés et lieux communs, afin de convoquer les questions existentielles de l'absence et la disparition. 

Sortie le 25 août

 

Publié dans Lectures

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