Nos séparations - David Foenkinos

Publié le par uneoudeuxchosesavousdire

 

Après avoir lu et apprécié La délicatesse, de David Foenkinos, c'est avec le même sentiment que je referme Nos séparations.

Ce récit présente toutes les images du romantisme  :  le coup de foudre, la demande en mariage, la maîtresse qui finit par dénoncer son amant au moment de la séparation, les engueulades et la réconciliation . Pourtant, grâce à son écriture pleine de désinvolture et d'humour, l'auteur traite ces clichés de manière efficace car il arrive à nous passionner pour cette histoire banale de couple qui s'aime et qui se sépare. 

Foenkinos réussit brillamment à traiter d'un thème dur - la séparation - avec humour et légèreté. 

 

 

Résumé :

Fritz et Alice forment le couple le plus improbable qui soit : lui est fils de hippies soixante-huitards restés fidèles à leurs engagements de jeunesse, elle, est un pur produit de la bourgeoisie catholique, 'Versaillaise' comme l'on dit parfois. Fatalement, ces deux-là vont se rencontrer, s'aimer, se détester, se déchirer, se retrouver. Naturellement, ils auront des enfants, mais pas ensemble. Plus étonnant, les beaux-parents que tout oppose vont finir par se rencontrer et se trouver réciproquement formidables ! Un (beau ?) jour, les deux enfants de Fritz et Alice, une fille et un garçon, qui ne se connaissent pas, vont se rencontrer lors d'un pèlerinage au Père-Lachaise sur la tombe de Jim Morrison. L'histoire ne serait-elle qu'un perpétuel recommencement ?

 

 

Un passage que j'ai particulièrement apprécié

 

"Nous sommes allés chez Ikea, et nous nous sommes disputés chez Ikea. Dans ce grand magasin, ils devraient embaucher un conseiller conjugal. Car s'il existe un endroit où le coeur des couples se révèle, c'est bien là. Je me demande même si tous ces meubles à construire ne sont pas qu'un grand prétexte pour semer la zizanie sentimentale. Je suis presque certain que le fondateur d’Ikea devait être un Suédois dépressif (on frôle le pléonasme), sans vie affective, et qu’il a trouvé le moyen d’anéantir celle des autres. Alice hésitait, et pire que tout : me demandait mon avis. Je n'avais aucun avis ici, j'étais lobotomisé. J'étais prêt à dire oui à tout, à acheter ces lampes qui ressemblent à des pissotières géantes, à monter des étagères jusqu'à la fin des temps. [...] Avec tout ce bois découpé, j'avais l'impression de choisir mon cercueil."

 

 

Un passage de Foenkinos par Foenkinos

 

 

 

 

 

 

 

null E.Munch, Séparation, 1900

 

 

 

 

David Foenkinos, Nos séparations, Gallimard, 2008. 

 

Publié dans Lectures

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