Paradis Conjugal - Alice Ferney

Publié le par uneoudeuxchosesavousdire

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Comme presque tous les soirs Elsa Platte regarde Chaînes conjugales de Joseph Mankiewicz. La veille, son mari l'a prévenue qu'il ne rentrera pas dans une maison où sa femme regarde en boucle depuis trois mois le même film. Celui-ci raconte l'histoire de trois amies, qui reçoivent une lettre d'une quatrième femme leur annonçant qu'elle s'enfuit avec le mari de l'une d'entre elles, sans préciser lequel. La journée s'écoule et chacune tente de savoir pourquoi son mari pourrait être celui qui est parti.

Elsa s'identifie aux héroïnes du film, véritable révélateur de sa situation conjugale. Les images qui défilent entraînent Elsa dans une rêverie scandée par les souvenirs de sa vie avec Alexandre. Du fond de son canapé, elle s’essaie à décortiquer les mécanismes du couple, le mariage, la séparation et le sentiment amoureux.

Elle finit par céder aux larmes, à l'apitoiement, puis au désir de reconquête de ce mari qui ne revient toujours pas... Comment un film peut-il s'avérer obsessionnel au point de devenir le révélateur d'une situation conjugale douloureuse? Comment Elsa arrive-t-elle à analyser sa situation à travers une fiction, grâce au miroir fourni par les héroïnes du film?

 

 

« On peut emmêler sa vie à des œuvres. Ce que l'on vit rencontre ce que l'on regarde,ou ce qu'on lit vient s'entrelacer dans la trame des perceptions réelles ».

 

« Je crois que les œuvres d’art ont cette vocation de lutter contre la mélancolie : c’est de là qu’elles viennent et c’est là qu’elles retournent ».

 

 

Alice Ferney nous offre un dialogue entre fiction et réalité : aux scènes du film s’enchaînent des séquences de l’histoire d’Elsa. Le film, qui dure le temps d’une journée et le livre, celui d’une soirée, se fondent l’un dans l’autre.

De manière plus générale, Alice Ferney pose la question de l'influence de l'art sur la vie quotidienne.

Même si la construction du livre est intéressante et son écriture sobre et élégante, ce roman se perd parfois dans de lourdes et ennuyeuses analyses du film.

 

  

 

 

 

Bande Annonce du film A lettre to three wives (Chaînes conjugales), Joseph L. Mankiewicz

 

 

 

 Un extrait, juste pour le plaisir :

 

  

  Synopsis :

 

Trois amies partent en excursion, délaissant pour l'occasion leurs maris respectifs. Peu avant le départ, l'une d'elles reçoit une lettre d'une quatrième femme que toutes trois connaissent : la séductrice Addie Ross.

Celle-ci déclare avoir profité du départ des trois amies pour partir avec le mari de l'une d'elles, sans préciser lequel.

Durant l'excursion, chacune des trois femmes reverra successivement, aux cours de trois flashback différents, les différentes étapes de sa vie de couple et tentera de comprendre ce qui aurait pu décider son mari à fuir, tout en se demandant si c'est bien de lui qu'il s'agit ou non. Ceci permet à Mankiewicz une étude très critique et très drôle des mœurs américaines (voire universelles) à travers l'évocation du parcours de trois couples aux origines sociales fort différentes.

 

Le film a reçu 3 nominations en 1950 et gagna deux oscars.

  • Oscar du meilleur réalisateur : Joseph L. Mankiewicz

  • Oscar du meilleur scénario adapté : Joseph L. Mankiewicz

 Alice Ferney, Paradis Conjugal, Albin Michel, 2000

Publié dans Lectures

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