La Seine en scène - Maupassant et les impressionnistes

Publié le par uneoudeuxchosesavousdire

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Quand vient l'été, j'aime lire Maupassant. Je me délecte surtout de ses contes et nouvelles dont l'intrigue se déroule sur les bords de Seine. Canotiers, rameurs, baigneurs et autres bourgeois endimanchés se retrouvent sur les pontons des restaurants et autres guinguettes.

Artistiquement, La Seine, devient le point de rencontre entre peinture et littérature. Le fleuve aux innombrables méandres a non seulement offert à tous ces artistes une succession de paysages pittoresques, mais aussi le spectacle des activités humaines les plus variées. Au XIX° siècle,  grâce au développement des chemins de fer, les parisiens quittent la ville le week-end pour pratiquer le canotage et autres loisirs nautiques.

Ecrivains et peintres fréquentent d'ailleurs les mêmes endroits tels que la maison Fournaise à Chatou, la Grenouillère à Croissy, le Bal des canotiers à Bougival ou enfin la maison Lemaire à Carrières-sur-Seine.  

 

  

La Grenouillère à Croissy

 

 

 

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                                     Renoir, La Grenouillère, 1869.

 

 

 

La maison Fournaise à Chatou

 

 Renoir, Le déjeuner des canotiers, 1881.

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   En 1857, Alphonse Fournaise, charpentier naval, achète un terrain à Chatou pour y ouvrir une location de bateaux ainsi qu'un restaurant et un petit hôtel gérés par sa femme. Bâtie en 1844, au pied de l'ancien pont, la maison subit une transformation par l'ajout du célèbre balcon et de sa terrasse en 1877. La maison Fournaise fut fréquentée notamment par Pierre-Auguste Renoir qui y peignit de nombreux tableaux, des portraits de la famille Fournaise, des paysages des alentours, et en particulier son célèbre tableau, le « Déjeuner des canotiers » en 1881. Claude Monet, Alfred Sisley, Guy de Maupassant ou encore Edgar Degas ont également arpenté les parquets du restaurant.

  

   

  

 

" Le restaurant Grillon, ce phalanstère des canotiers, se vidait lentement. C'était, devant la porte, un tumulte de cris, d'appels; et les grands gaillards en maillot blanc gesticulaient avec des avirons sur l'épaule. Les femmes, en claire toilette de printemps, embarquaient avec précaution dans les yoles, et, s'asseyant à la barre, disposaient leurs robes, tandis que le maître de l'établissement, un fort garçon à barbe rousse, d'une vigueur célèbre, donnait la main aux belles-petites en maintenant d'aplomb les frêles embarcations. Les rameurs prenaient place à leur tour, bras nus et la poitrine bombée, posant pour la galerie, une galerie composée de bourgeois endimanchés, d'ouvriers et de soldats accoudés sur la balustrade du pont et très attentifs à ce spectacle. Les bateaux, un à un, se détachaient du ponton. Les tireurs se penchaient en avant, puis se renversaient d'un mouvement régulier; et, sous l'impulsion des longues rames recourbées, les yoles rapides glissaient sur la rivière, s'éloignaient, diminuaient, disparaissaient enfin sous l'autre pont, celui du chemin de fer, en descendant vers la Grenouillère".

 

 Guy de Maupassant, La femme de Paul, Texte publié pour la première fois dans le recueil La maison Tellier, mai 1881, Éditions Havard.

 

 

 

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 Gustave Caillebotte, Les périssoires, 1877

 

 

Gustave Caillebotte, Partie de bateau , dit Canotier au chapeau haut de forme (vers 1877-1878)

 

 

Georges Seurat, Baignade à Asnières, 1883

Publié dans Arts et culture

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